Leçons du Mont Sainte Hélène

Leçons du Mont Sainte Hélène

Le 18 mai 1980, après plusieurs décennies d’inactivité du volcan, des tremblements de terre secouent le mont saint Hélène. Le glissement de terrain qui s’ensuit met à nu sa face nord, où se trouvaient des roches à moitié en fusion, lesquelles explosent quelques dizaines de secondes plus tard.

En l’espace de quelques heures, la paisible montagne se transforme en un vaste cratère, au pied duquel se forme même un canyon (nommé d’ailleurs « little big canyon », en référence au Grand Canyon que l’on peut admirer en Arizona).

Cet événement tragique s’est malheureusement soldé par le décès de 57 personnes, qui ne se trouvaient pourtant pas dans la zone d’exclusion mise en place par les autorités. Quelles leçons pouvons-nous tirer de ce drame ?

  • Formation de couches géologiques en quelques heures

Une conséquence assez surprenante de cette catastrophe est la création d’une importante couche de sédiments qui s’est déposée à l’ouest du volcan (le long de la rivière « North Fork Toutle »). On estime qu’il a fallu moins de 3 heures pour que se déposent près de 8 mètres de sédiments, dans la nuit du 12 juin 1980. Ces sédiments ont pour origine la fine cendre expulsée à grande vitesse (plus de 160 km/h) hors du volcan lors de l’éruption. Ces cendres se sont déposées en minces couches appelées « laminations ».

Ce phénomène est en contradiction avec ce que les étudiants en géologie apprennent : la théorie qui leur est exposée est que les structures de ce type se forment sur plusieurs milliers d’années, par le dépôt successif de minces couches de sédiments ! De telles laminations peuvent donc se former très rapidement, et des expériences en laboratoire ont permis de confirmer ce phénomène avec des roches telles que le grès, emportées par un flux d’eau.

  • Des canyons façonnés rapidement

À la suite de l’éruption, comme nous l’avons évoqué dans le point précédent, des amas de sédiments se sont déposés à proximité du volcan. Pas moins de trois canyons se sont formés dans les mois suivant la catastrophe. Considérons, par exemple, « Little Big canyon » : certes moins vertigineux que le Grand Canyon, il demeure toutefois impressionnant avec une profondeur de près de 40 m, une largeur de 45 m, et la rivière qui le parcourt. Ce n’est pas cette rivière qui, au fil des siècles, a graduellement creusé ce canyon : il s’avère qu’une coulée de boue, issue de la fonte d’une partie du glacier du Mont Saint Hélène, en mars 1982, a emporté brutalement une partie des roches, formant ce canyon en quelques heures seulement. Des événements géologiques censés durer des millions d’années peuvent en réalité aboutir en quelques heures !

  • Une forêt détruite et le dépôt de grandes quantités de sédiments

Avant l’éruption, les flancs du Mont Saint Hélène étaient recouverts d’une forêt de pins. L’industrie de bûcheronnage implantée dans la vallée employait d’ailleurs bon nombre de locaux. Mais à la suite de l’explosion, des glissements de terrain et des coulées de boue, la forêt a été transformée sur plusieurs kilomètres en un triste paysage grisâtre. Une partie des arbres s’est retrouvée plongée dans le lac situé juste au nord du volcan, Lake Spirit. Dans les mois suivant l’événement, la surface de l’eau était complétement recouverte de troncs d’arbre. Lors de la décomposition de ces troncs, une épaisse couche de tourbe s’est formée au fond du lac : le niveau du lac a augmenté de près de 90 m ! Ensuite, les arbres encore présents à la surface ont pivoté sur leur axe, emportés par le poids de leurs racines : on peut donc observer une « forêt » d’arbres dont les racines sont emprisonnées dans la couche de sédiments au fond du lac.

  • Des erreurs manifestes de datation

Après l’éruption initiale de 1980, pendant encore une demi-douzaine d’années, un peu de lave s’est accumulée dans le cratère récemment formé. Le géologue Steve Austin a prélevé, dans le cratère, en 1992, un échantillon de roche de ce dôme de lave dans le but de vérifier la fiabilité des méthodes de datation basées sur la radioactivité.

Un laboratoire réputé a donc effectué en aveugle des mesures de datation sur la roche entière mais aussi sur certains minéraux isolés à partir de l’échantillon initial. Les résultats sont présentés dans le tableau suivant.

Échantillon « âge » calculé (en années)
Roche entière 350 000 ± 50 000
Concentré de hornblende 900 000 ± 200 000
Concentré de pyroxène 2 800 000 ± 600 000

 

Les âges calculés prennent des valeurs comprises entre 350 000 et 2,8 millions d’années : ces valeurs sont manifestement fausses puisque l’on sait qu’il s’agit d’un dôme de lave formé une dizaine d’années auparavant ! Il s’agit donc d’un exemple concret démontrant que les roches ne peuvent pas être utilisées comme des horloges et que les taux des espèces radioactives qui y sont contenues ne permettent pas de calculer de manière fiable un âge.

Conclusion

L’explosion du Mont Saint Hélène met en évidence les conséquences que peut avoir une telle catastrophe géologique : des structures (canyons ou importants dépôts de sédiments) dont on disait qu’elles ne pouvaient se former que sur des milliers d’années, se sont mises en place très rapidement, en l’espace de quelques jours ou semaines seulement. De plus, cette éruption n’était pas la plus importante qui ait affecté notre planète : quelles ont été les bouleversements consécutifs à des événements tels que l’éruption du Vésuve, du Krakatoa ou du Tambora ?

La Bible décrit le déluge survenu du temps de Noé comme un événement géologique majeur, et plusieurs indices nous donnent à penser qu’il a été accompagné de violentes éruptions volcaniques. Lorsque nous faisons le choix de considérer la Bible non comme un recueil mythologique, mais comme le récit fiable d‘événements réels, nous comprenons mieux certains faits scientifiques !

 

Source : Learning the lessons of Mount St Helens – How its eruption backs biblical history par Tas Walker